Découvrez sur cette page les différentes espèces de papillons de jour que vous pouvez rencontrer dans nos jardins, prairies, haies et autres espaces naturels. Pour chaque espèce, vous trouverez des informations pour apprendre à la reconnaître, découvrir où elle vit et se nourrit, comprendre son cycle de vie et savoir à quelle période vous pouvez l’observer.
Vous découvrirez également ce que vous pouvez faire, très concrètement, dans votre jardin pour lui offrir un habitat favorable : quelles plantes conserver ou planter, quelles plantes sont indispensables aux chenilles, où laisser un peu de végétation sauvage et comment créer un jardin accueillant pour les papillons tout au long de l’année.
Car accueillir les papillons ne consiste pas seulement à planter quelques fleurs. Chaque espèce a ses propres besoins. En découvrant ces petites différences, nous pouvons mieux comprendre leur monde et faire de nos jardins de véritables petits refuges pour la biodiversité.
Amaryllis |Aurore |Azuré commun | Azuré des nerpruns |Belle dame | Carte géographique | Citron | Collier de corail | Cuivré commun | Flambé | Gazé| Machaon |Myrtil |Paon-du-jour | Petit mars changeant | Petit sylvain |Petite tortue |Piéride du chou | Piéride de la rave | Piéride de l’ibéride | Piéride du navet | Procris | Robert le diable | Souci |Soufré |Thècle du bouleau |Thècle du chêne |Tircis |Vulcain
Pyronia tithonus
Période de vol : fin juin à fin août, généralement en une seule génération
Envergure : environ 30-42 mm
L’Amaryllis se reconnaît à ses ailes orange bordées de brun. L’aile antérieure porte une grande tache noire en forme d’œil, marquée de deux points blancs. Chez le mâle, une bande sombre supplémentaire traverse l’aile antérieure. Le dessous des ailes, brun et discret, lui permet de se camoufler dans la végétation.
Il fréquente les prairies, les lisières et les chemins bordés d’herbes et de fleurs. Les adultes se chauffent souvent au soleil, ailes ouvertes, avant de butiner. Sur la photo, notre Amaryllis visite une Serratule des teinturiers (Serratula tinctoria), une plante des prairies qui fournit du nectar en été.
Les mâles patrouillent activement à la recherche de femelles et poursuivent parfois les autres papillons qui traversent leur territoire.
La chenille se nourrit de graminées, notamment du Dactyle aggloméré, de la Fétuque rouge et de l’Agrostide capillaire. Elle passe l’hiver à l’état de jeune chenille, cachée à la base des herbes, puis reprend sa croissance au printemps.
Au jardin, l’Amaryllis profite des zones d’herbe laissées hautes, où ses chenilles peuvent se développer et passer l’hiver. Les fleurs sauvages, comme l’Origan, les chardons et les ronces, lui offrent du nectar à l’âge adulte.
Un papillon qui a besoin d’herbes pour ses chenilles et de fleurs pour se nourrir : laisser quelques espaces naturels suffit à lui offrir un refuge précieux.
Photo: Jeroen Verdonck
Anthocharis cardamines
Période de vol : de fin mars à début juin, avec des variations selon la météo et les conditions
Envergure : environ 35-45 mm
L’Aurore est un papillon du printemps. Le mâle se reconnaît à ses grandes taches orange vif au bout des ailes antérieures. La femelle est blanche avec des dessins gris-noir. Chez les deux sexes, le dessous des ailes postérieures est marbré de vert et de blanc, ce qui permet au papillon de se camoufler dans la végétation.
Il fréquente les prairies, les lisières, les haies et les chemins bordés de plantes sauvages. Au printemps, les mâles volent activement à la recherche des femelles.
La chenille se nourrit principalement des fleurs et des jeunes fruits de certaines Brassicacées, notamment la Cardamine des prés (Cardamine pratensis) et l’Alliaire officinale (Alliaria petiolata). La femelle pond ses œufs séparément sur ces plantes.
L’Aurore ne produit qu’une génération par an. Après sa croissance, la chenille se transforme en chrysalide, fixée à une tige ou à un autre support végétal. Elle y passe l’hiver avant de donner naissance à un nouveau papillon au printemps suivant.
Au jardin, préservez la Cardamine des prés dans les zones fraîches et herbeuses ainsi que l’Alliaire au pied des haies. Laissez fleurir certaines bordures et évitez de tout tondre au printemps. Ces plantes nourrissent les chenilles, tandis que les fleurs printanières fournissent du nectar aux adultes.
L’Aurore annonce le retour des beaux jours. En préservant quelques plantes sauvages et des bordures naturelles, nous lui offrons les conditions nécessaires pour accomplir son cycle de vie.
Photo: Christophe Verriest
Polyommatus icarus
Période de vol : mai-début octobre, généralement en deux générations, parfois trois
Envergure : environ 23-36 mm
L’Azuré commun est un petit papillon fréquent dans les milieux ouverts. Le mâle possède des ailes bleu vif, tandis que la femelle est généralement brune, avec des taches orangées. Le dessous des ailes est gris-brun, ponctué de noir et bordé de marques orangées.
Il fréquente les prairies fleuries, les pelouses et les talus ensoleillés. Son vol rapide se déroule souvent près du sol.
La chenille se nourrit de différentes Fabacées, notamment le Lotier corniculé, les trèfles et la Luzerne. Elle passe l’hiver à l’état de chenille, dans la végétation, près de sa plante nourricière.
Au jardin, conservez des zones ensoleillées où le Lotier corniculé et les trèfles peuvent pousser. Une végétation variée, avec des herbes relativement basses et des espaces moins entretenus, lui offre nourriture et abri.
La présence de l’Azuré commun rappelle l’importance des plantes sauvages : elles nourrissent les chenilles autant qu’elles attirent les papillons adultes.
Photo: Jeroen Verdonck
Celastrina argiolus
Période de vol : d’avril à juin, puis de fin juin à septembre, généralement en deux générations.
Envergure : environ 23 à 30 mm.
L’Azuré des nerpruns est un petit papillon bleu ciel. Le mâle présente une fine bordure noire au bord des ailes, tandis que celle de la femelle est plus large. Le dessous des ailes est gris bleuâtre, ponctué de petits points noirs.
Très répandu en Belgique, il fréquente les haies, les lisières, les friches et les jardins. Il vole souvent au-dessus des buissons et des arbustes, ce qui le distingue de nombreux autres petits azurés.
Sa chenille se nourrit de différentes plantes, notamment le Cornouiller sanguin, le Houx, les Nerpruns et le Lierre. Elle consomme surtout les boutons floraux et les fleurs. Elle peut aussi être protégée par des fourmis, en échange de sécrétions sucrées.
Les adultes se nourrissent principalement du miellat produit par les pucerons, mais visitent aussi des fleurs, notamment celles des ronces.
L’Azuré des nerpruns passe l’hiver au stade de chrysalide, souvent fixé à la végétation ou dissimulé dans les crevasses de l’écorce.
Au jardin, conservez des haies diversifiées et des arbustes indigènes. Le Houx, les Cornouillers et le Lierre lui offrent des ressources essentielles au cours de son cycle de vie.
Pour observer ce petit papillon bleu, pensez à lever les yeux : il vole souvent au-dessus des haies plutôt qu’au ras des fleurs.
Photo: Christophe Verriest
Vanessa cardui
Période de vol : principalement d’avril à septembre en Belgique, avec des variations importantes selon les années.
Envergure : environ 45 à 60 mm.
La Belle-Dame est un grand papillon aux ailes orange rosé, reconnaissable à leurs extrémités noires et blanches. Les ailes postérieures portent de petites taches noires. Leur revers, marbré de brun, de beige et de blanc, est plus discret. Le mâle et la femelle se ressemblent beaucoup.
En Belgique, la Belle-Dame est une migratrice régulière. Elle arrive au printemps depuis le sud, se reproduit chez nous, puis sa descendance poursuit la migration. Les effectifs varient fortement d’une année à l’autre. L’espèce survit rarement à nos hivers.
Sa chenille se nourrit de nombreuses plantes, notamment les Chardons, les Cirses, les Orties, les Mauves et la Vipérine. Elle s’abrite souvent dans une feuille repliée et maintenue par de la soie.
Les adultes ont besoin de nectar pour alimenter leurs longs déplacements. On les rencontre dans les prairies, les friches, les talus et les jardins fleuris.
Au jardin, laissez quelques plantes sauvages comme les Chardons, les Orties ou les Mauves, et privilégiez une floraison variée. Elles fourniront nourriture et abris aux chenilles, ainsi que du nectar aux adultes de passage.
La Belle-Dame est une grande voyageuse capable de parcourir des milliers de kilomètres. Sa migration s’effectue sur plusieurs générations : le papillon qui arrive au printemps n’est donc pas nécessairement celui qui repartira vers le sud.
Photo: Christophe Verriest
Araschnia levana
Période de vol : avril à juin, puis juillet à septembre, généralement en deux générations
Envergure : environ 28-40 mm
La Carte géographique est un papillon étonnant qui change d’apparence selon la saison. Au printemps, ses ailes sont orange-brun avec des taches noires. En été, elles deviennent presque noires, traversées d’une large bande blanche et ponctuées d’orange. Le dessous des ailes présente un réseau de lignes évoquant une carte, d’où son nom. Ces deux formes appartiennent à la même espèce : leur apparence dépend notamment des conditions de développement de la chrysalide.
Elle fréquente les lisières, les haies, les clairières et les jardins où alternent espaces ouverts et végétation dense. Son vol est rapide et vif. Les adultes butinent différentes fleurs pour se nourrir de nectar.
La chenille est sombre et porte de petites épines. Elle se nourrit presque exclusivement de Grande ortie (Urtica dioica). La femelle pond ses œufs sous les feuilles, souvent empilés en petites colonnes. Les jeunes chenilles vivent d’abord en groupe, puis deviennent plus solitaires.
La Carte géographique passe l’hiver au stade de chrysalide, fixée à la végétation.
Au jardin, conservez quelques touffes de Grandes orties dans un coin tranquille. Les fleurs sauvages, notamment les ronces, les chardons et l’Eupatoire chanvrine, fourniront du nectar aux adultes. Évitez également de couper toute la végétation à l’automne afin de préserver les abris naturels.
Un papillon surprenant qui change de couleur au fil des saisons et rappelle l’importance des orties pour la vie de nombreuses espèces.
Photo: Jeroen Verdonck
Gonepteryx rhamni
Période de vol : février à novembre, avec une longue pause hivernale
Envergure : environ 45-55 mm
Le Citron est facile à reconnaître : le mâle possède des ailes jaune vif, tandis que celles de la femelle sont plutôt blanc verdâtre. Leurs ailes pointues évoquent des feuilles et portent chacune un petit point orangé. Au repos, le papillon replie ses ailes et se camoufle dans la végétation.
Il fréquente les haies, les lisières, les prairies, les parcs et les jardins. Son vol est rapide et irrégulier.
La chenille se nourrit principalement de la Bourdaine (Frangula alnus) et du Nerprun purgatif (Rhamnus cathartica). L’espèce ne produit généralement qu’une génération par an.
Le Citron passe l’hiver à l’état adulte, caché dans la végétation. Grâce à sa résistance au froid, il peut réapparaître dès les premières journées douces de la fin de l’hiver.
Au jardin, la Bourdaine et le Nerprun purgatif offrent aux chenilles leur nourriture. Des fleurs variées fournissent du nectar aux adultes, tandis que les arbustes et les fourrés leur procurent des abris pour l’hiver.
Le Citron peut vivre près d’un an à l’état adulte. C’est souvent l’un des premiers papillons que l’on aperçoit lorsque les beaux jours reviennent.
Photo: Christophe Verriest
Aricia agestis
Période de vol : de mi-mai à juin, puis de début juillet à fin septembre, en deux générations.
Envergure : environ 25 à 32 mm.
Le Collier de corail est un petit papillon brun dont le bord des ailes est orné de lunules orange vif. Le dessous des ailes est brun grisâtre et présente également une série de marques orange, ainsi que de petits points noirs et blancs. Cette combinaison de couleurs permet de le reconnaître assez facilement lorsqu’il se pose, les ailes fermées.
En Belgique, il est assez localisé et fréquente surtout les endroits chauds et bien ensoleillés : pelouses sèches, prairies maigres, talus, friches et lisières. Il vole souvent près du sol et se pose régulièrement sur la végétation basse pour profiter de la chaleur.
La chenille se nourrit principalement de l’Hélianthème nummulaire (Helianthemum nummularium), mais elle peut également utiliser plusieurs espèces de Géraniums sauvages et l’Érodium. La femelle dépose ses œufs directement sur les plantes nourricières. La chenille passe ensuite l’hiver dans la végétation et reprend son développement au printemps.
Les adultes recherchent le nectar de nombreuses fleurs basses, notamment les trèfles, les centaurées, le thym et la Marjolaine. Les mâles sont territoriaux et peuvent poursuivre les autres petits papillons qui traversent leur territoire.
Au jardin, un coin chaud et peu fertile où poussent des plantes sauvages peut lui convenir. La présence d’Hélianthème et de petites fleurs nectarifères est particulièrement intéressante dans les endroits ensoleillés.
Avec ses petites marques orange qui semblent dessiner un collier autour des ailes, le Collier de corail est un papillon discret mais remarquable. Il appartient à ces espèces que l’on découvre souvent en prenant simplement le temps d’observer les herbes et les fleurs à hauteur du regard.
Photo: Christophe Verriest
Lycaena phlaeas
Période de vol : d’avril à octobre, avec deux générations, parfois trois.
Envergure : environ 26 à 30 mm.
Le Cuivré commun est un petit papillon vif et facile à remarquer lorsqu’il ouvre ses ailes. Le dessus des ailes est orange cuivré, ponctué de noir et bordé de brun. Les ailes postérieures sont plus sombres, avec une bande orange et de petits points bleus.
Très répandu en Belgique, il fréquente les endroits ouverts, secs et ensoleillés : prairies, talus, friches, chemins et jardins. Le mâle est territorial et peut poursuivre énergiquement les autres papillons qui s’aventurent sur son territoire.
La chenille, verte avec des marques rosées, se nourrit principalement de différentes oseilles (Rumex), notamment la Petite Oseille (Rumex acetosella) et l’Oseille des prés (Rumex acetosa). Ces plantes sont donc essentielles à sa reproduction.
Les adultes recherchent le nectar de nombreuses fleurs basses et sauvages. Au jardin, laisser quelques zones spontanées, conserver les oseilles et éviter les pesticides permet de lui offrir à la fois des plantes nourricières et des fleurs.
La chenille passe généralement l’hiver lorsqu’elle est encore jeune. Au printemps, elle reprend son développement avant de se transformer en papillon.
Petit par la taille mais éclatant par ses couleurs, le Cuivré commun apporte une touche de cuivre aux prairies, aux chemins et aux jardins. Il suffit parfois de laisser un petit coin de nature tranquille pour qu’il y trouve sa place.
Photo: Christophe Verriest
Iphiclides podalirius
Période de vol : d’avril à juin, puis en août pour une éventuelle deuxième génération
Envergure : environ 60-80 mm
Le Flambé est un grand papillon aux ailes blanc crème traversées de bandes noires. Ses ailes postérieures portent des taches bleues, une marque orange et deux longues « queues ». Son vol puissant et plané le rend particulièrement élégant.
Il fréquente surtout les coteaux secs, les talus et les prairies ensoleillées. En Wallonie, il reste rare et recherche les milieux chauds et bien exposés.
La chenille se nourrit principalement de Prunellier (Prunus spinosa) et d’autres espèces de pruniers. Verte, avec des marques claires sur les côtés, elle possède derrière la tête un organe qu’elle peut déployer en cas de danger pour repousser les prédateurs.
Le Flambé passe l’hiver au stade de chrysalide, fixée à la végétation. Le papillon émerge au printemps.
Au jardin, conservez des arbustes indigènes comme le Prunellier, qui nourrit les chenilles. Des fleurs variées fourniront du nectar aux adultes. Privilégiez les zones ensoleillées, les haies diversifiées et une gestion douce de la végétation, sans pesticides.
Rare en Wallonie, le Flambé dépend de milieux chauds où arbustes, fleurs et espaces ouverts se côtoient. Même un simple Prunellier peut contribuer à préserver ce magnifique papillon.
Photo: Jeroen Verdonck
Aporia crataegi
Période de vol : mi-mai à mi-août
Envergure : environ 50-65 mm
Il fréquente principalement les prairies fleuries bordées de haies, les vergers, les lisières et les milieux ouverts où poussent des arbustes. Son vol est souvent lent et planant. Les adultes visitent différentes fleurs pour se nourrir de nectar et peuvent parfois se rassembler pour butiner ou se reposer.
La femelle pond ses œufs en petits groupes sur des arbustes de la famille des Rosacées. Les chenilles se nourrissent principalement des feuilles d’aubépine (Crataegus) et de prunellier (Prunus spinosa), mais peuvent aussi utiliser certains arbres fruitiers. Elles vivent d’abord en groupe et tissent un abri de soie entre les feuilles. Elles passent l’hiver ensemble dans ce nid soyeux, puis reprennent leur développement au printemps. Le Gazé ne produit généralement qu’une génération par an.
Pour favoriser sa présence au jardin, privilégiez les haies diversifiées comprenant des aubépines et des prunelliers, ainsi que des espaces fleuris où les adultes pourront trouver du nectar. Les haies champêtres, les vergers et les prairies gérées de manière extensive forment un ensemble particulièrement favorable à son cycle de vie.
Un papillon élégant et immédiatement reconnaissable, qui rappelle l’importance des haies et des prairies fleuries dans nos paysages. En préservant ses plantes hôtes et les milieux où il se nourrit, on lui offre les conditions nécessaires pour accomplir tout son cycle de vie.
Photo: Christophe Verriest
Papilio machaon
Période de vol : d’avril à septembre, avec généralement deux générations
Envergure : environ 55-90 mm
Le Machaon, aussi appelé Grand porte-queue, est un grand papillon jaune aux dessins noirs, bleus et rouges. Ses ailes postérieures se prolongent par deux petites « queues » caractéristiques.
Il fréquente les prairies fleuries, les talus, les friches et les jardins ensoleillés. Son vol puissant alterne battements d’ailes et longues phases planées. Les adultes butinent de nombreuses fleurs pour se nourrir de nectar.
La chenille est d’abord sombre, puis devient verte avec des bandes noires ponctuées de rouge. Lorsqu’elle est menacée, elle déploie derrière sa tête un organe orange appelé osmeterium, qui libère une odeur dissuasive. Elle se nourrit de plantes de la famille des Apiacées, notamment la Carotte sauvage, le Fenouil, le Persil et la carotte cultivée.
Le Machaon passe l’hiver au stade de chrysalide, fixée à un support végétal, avant de donner naissance à un nouveau papillon au printemps.
Au jardin, laissez quelques plants de Fenouil, de Persil ou de carottes à disposition des chenilles. La Carotte sauvage peut également être conservée dans une zone naturelle. Des fleurs variées fourniront du nectar aux adultes. Évitez les pesticides et préservez quelques espaces moins entretenus.
Le Machaon peut accomplir tout son cycle de vie au jardin, pour peu qu’il y trouve des plantes nourricières pour ses chenilles et des fleurs pour les adultes.
Photo: Jeroen Verdonck
Maniola jurtina
Période de vol : de la mi-juin à la fin août en Belgique, avec un pic généralement en juillet.
Envergure : environ 40 à 48 mm.
Le Myrtil est un papillon brun très commun en Belgique. Le mâle est généralement plus sombre que la femelle, dont les ailes présentent davantage de teintes orangées. Les deux sexes portent un ocelle noir ponctué de blanc près de l’extrémité des ailes antérieures.
Il fréquente les prairies, les talus, les clairières et les jardins herbeux. On le voit souvent voler près du sol ou se poser sur une fleur au soleil.
La chenille se nourrit de différentes graminées, notamment des fétuques, des pâturins et de la Houlque laineuse (Holcus lanatus). Elle passe l’hiver dans la végétation, près du sol, avant de reprendre son développement au printemps.
Les adultes butinent les fleurs pour se nourrir de nectar. Ils peuvent aussi consommer du miellat et des fruits mûrs.
Au jardin, laissez certaines zones en herbe plus haute et conservez une diversité de graminées. Une prairie où herbes et fleurs sauvages cohabitent lui offre nourriture et abri. Évitez de tout faucher en même temps.
Discret mais très répandu, le Myrtil rappelle que les herbes sauvages sont aussi importantes que les fleurs pour accueillir les papillons.
Photo: Christophe Verriest
Aglais io
Période de vol : de mars à octobre, avec des variations selon les conditions météorologiques
Envergure : environ 50-60 mm
Le Paon-du-jour est reconnaissable à ses ailes brun-rouge ornées de quatre grands ocelles colorés, semblables à des yeux de paon. Ces motifs peuvent surprendre les prédateurs. Le dessous des ailes, sombre et discret, lui permet au contraire de se camoufler lorsqu’il les referme.
Il fréquente les prairies fleuries, les lisières, les parcs et les jardins. Les adultes butinent de nombreuses fleurs et peuvent être observés dès les premières journées ensoleillées du printemps.
La chenille est noire, ponctuée de blanc et couverte d’épines sombres. Les jeunes chenilles vivent en groupes dans des toiles de soie et se nourrissent presque exclusivement de Grande ortie (Urtica dioica). En grandissant, elles deviennent plus solitaires.
Le Paon-du-jour passe l’hiver à l’état adulte, caché dans un abri frais et protégé du gel, comme un arbre creux ou un cabanon.
Au jardin, conservez quelques touffes d’orties dans un coin tranquille pour nourrir les chenilles. Des fleurs variées, notamment le Lierre en automne, fourniront du nectar aux adultes. Préservez également des abris où les papillons pourront passer l’hiver et évitez les insecticides.
Avec quelques orties, des fleurs et un refuge hivernal, le jardin peut accueillir toutes les étapes de la vie de ce papillon spectaculaire.
Photo: Christophe Verriest
Apatura ilia
Période de vol : de la mi-juin à la fin juillet en Belgique.
Envergure : environ 50 à 60 mm
Le Petit Mars changeant est un grand papillon sombre. Chez le mâle, les ailes révèlent de magnifiques reflets bleu-violet selon l’angle de la lumière. Elles portent une bande blanche et plusieurs ocelles. Il existe aussi une forme orangée, appelée clytie, qui présente des marques fauves à la place de certaines marques blanches.
En Belgique, cette espèce est rare et locale. Elle fréquente surtout les boisements ouverts, les lisières et les chemins forestiers, notamment près des cours d’eau. Elle passe beaucoup de temps dans les arbres, ce qui la rend difficile à observer.
La chenille se nourrit principalement de feuilles de Saules et de Peupliers, notamment du Peuplier tremble (Populus tremula). Elle passe l’hiver à l’état de jeune chenille sur sa plante nourricière, puis reprend son développement au printemps.
Les adultes se nourrissent surtout du miellat produit par les pucerons. Ils peuvent aussi descendre au sol pour absorber des sels minéraux dans des matières en décomposition.
Au jardin, les Saules et les Peupliers indigènes peuvent être intéressants si le terrain se situe près d’un bois ou d’un cours d’eau. Toutefois, le maintien de cette espèce rare dépend surtout de la préservation de milieux boisés naturels et de leurs lisières.
Le Petit Mars changeant est un papillon discret dont les reflets bleu-violet apparaissent et disparaissent selon la lumière, comme un éclair coloré au-dessus des arbres.
Photo: Christophe Verriest
Limenitis camilla
Période de vol : principalement de juin à août, parfois jusqu’au début de septembre.
Envergure : environ 45 à 50 mm.
Le Petit Sylvain est un élégant papillon brun noirâtre traversé par une large bande blanche. Le dessous des ailes est plus coloré, dans des tons brun orangé, avec des taches blanches et des rangées de petits points noirs. Mâles et femelles se ressemblent beaucoup. Son vol est assez puissant et rapide, mais il se pose volontiers sur les feuilles ou les fleurs de ronce, ce qui permet parfois de bien l’observer.
En Belgique, le Petit Sylvain est largement réparti, mais de façon assez localisée. Il est particulièrement lié aux boisements feuillus humides, aux lisières, aux clairières et aux chemins forestiers, où alternent zones ombragées et petites ouvertures ensoleillées. Dans le sud du pays, il peut être localement commun et l’espèce a également progressé vers le nord depuis les années 2000.
La chenille dépend surtout des chèvrefeuilles (Lonicera). En Wallonie, le Chèvrefeuille des bois (Lonicera periclymenum) et le Camérisier à balais (Lonicera xylosteum) sont notamment utilisés. Les œufs sont déposés individuellement sur les feuilles. Après son développement, la chenille construit un petit abri avec une feuille pour passer l’hiver.
Cette relation avec le chèvrefeuille explique l’importance des lisières et des sous-bois où cette plante peut pousser naturellement. Dans un jardin proche d’un bois, conserver un chèvrefeuille indigène et une végétation un peu dense autour des haies peut donc offrir un relais intéressant au Petit Sylvain. Les adultes recherchent notamment le nectar des fleurs de ronce et d’autres plantes fleuries des lisières.
Le Petit Sylvain ne passe pas l’hiver sous forme de papillon : c’est la chenille qui hiverne, dissimulée dans un petit abri confectionné à partir d’une feuille de sa plante hôte. Au printemps suivant, elle reprend son développement avant de se transformer en chrysalide puis en papillon.
Le Petit Sylvain est avant tout un papillon des lisières, des chemins forestiers et des clairières. Avec sa large bande blanche qui tranche sur ses ailes sombres, il peut sembler discret au premier regard, mais lorsqu’il glisse entre les arbres et vient se poser sur une ronce, il devient un magnifique habitant de nos bois.
Photo: Christophe Verriest
Aglais urticae
Période de vol : principalement de février-mars à octobre, avec des adultes issus de plusieurs générations selon les conditions.
Envergure : environ 40 à 50 mm.
La Petite tortue se reconnaît à ses ailes orange-rouge, ornées de taches noires et jaunes et bordées de petites lunules bleues. Le dessous des ailes est brun et discret, ce qui lui permet de se camoufler au repos.
Elle fréquente les jardins, les friches, les lisières et les talus où poussent des orties. Ses populations ont toutefois fortement fluctué et elle est devenue moins commune dans certaines régions.
La chenille se nourrit exclusivement de Grande ortie (Urtica dioica). Noire, ponctuée de blanc et ornée de petites épines, elle vit d’abord en groupe dans une toile de soie, puis devient plus solitaire.
La Petite tortue passe l’hiver à l’état adulte, cachée dans un abri protégé, comme un grenier ou une cavité d’arbre. Elle peut ressortir dès les premières journées douces du printemps.
Au jardin, conservez quelques touffes de Grande ortie dans un coin tranquille pour nourrir les chenilles. Des fleurs variées fourniront du nectar aux adultes. Préservez également des abris où les papillons pourront passer l’hiver.
Derrière ses couleurs éclatantes, la Petite tortue dépend d’une plante souvent mal-aimée : l’ortie, indispensable à la survie de ses chenilles.
Photo: Christophe Verriest
Pieris brassicae
Période de vol : d’avril à octobre, généralement en deux ou trois générations successives
Envergure : environ 50-65 mm
La Piéride du chou est un grand papillon blanc reconnaissable à la large pointe noire de ses ailes antérieures. La femelle porte aussi deux taches noires sur le dessus des ailes, absentes chez le mâle. Le dessous des ailes est jaunâtre. Elle est plus grande que la Piéride de la rave (Pieris rapae).
Très commune en Belgique, elle fréquente les jardins, potagers, prairies, friches et autres espaces ouverts et ensoleillés. Les adultes visitent de nombreuses fleurs pour en boire le nectar.
Ses chenilles, jaune verdâtre à vert grisâtre et ponctuées de noir, se nourrissent principalement de plantes de la famille des Brassicacées : choux, colza, moutarde sauvage ou ravenelle. La Grande Capucine (Tropaeolum majus) peut également leur servir de plante-hôte. Les œufs sont généralement pondus en petits groupes sous les feuilles, et les jeunes chenilles restent d’abord rassemblées.
La Piéride du chou passe l’hiver sous forme de chrysalide, fixée à un support tel qu’un mur, une clôture ou une tige. Éviter de nettoyer systématiquement tous les recoins du jardin peut préserver certains de ces abris.
Au jardin : conserver des fleurs variées pour nourrir les adultes et, si possible, quelques plantes-hôtes dans un coin réservé. Pour protéger les choux, utiliser un filet anti-insectes et retirer manuellement les œufs ou les chenilles des légumes à préserver. Éviter les insecticides.
Même si ses chenilles peuvent abîmer les cultures, la Piéride du chou fait partie de la biodiversité du jardin. Il est possible de lui laisser une place tout en protégeant les récoltes.
Photo: Christophe Verriest
Pieris rapae
Période de vol : d’avril à octobre, généralement en plusieurs générations qui se succèdent au cours de la saison
Envergure : environ 40-50 mm
La Piéride de la rave est un petit papillon blanc très commun. Ses ailes antérieures présentent une pointe gris-noir. Le mâle porte généralement une tache noire sur chaque aile antérieure, tandis que la femelle en a deux. Le dessous des ailes postérieures est jaunâtre et ponctué de gris.
Elle fréquente les jardins, prairies, friches, haies et lisières ensoleillées. Active et mobile, elle vole souvent près de la végétation, à la recherche de fleurs ou de plantes où pondre.
Sa chenille verte, marquée de petits points jaunâtres et parfois d’une ligne jaune dorsale, se nourrit de plusieurs plantes de la famille des Brassicacées, notamment les choux, la Moutarde des champs (Sinapis arvensis), la Ravenelle (Raphanus raphanistrum) et l’Alliaire officinale (Alliaria petiolata). La Grande Capucine (Tropaeolum majus) peut également servir de plante-hôte. Les œufs sont pondus individuellement sur les plantes nourricières.
La Piéride de la rave passe l’hiver sous forme de chrysalide, fixée à un support comme une tige, un mur ou une clôture. Éviter de nettoyer systématiquement tous les recoins du jardin à l’automne peut préserver certaines chrysalides.
Au jardin : conserver quelques plantes-hôtes sauvages dans un coin ensoleillé et proposer des fleurs riches en nectar. Au potager, des filets peuvent protéger les choux si les chenilles deviennent trop nombreuses. Éviter les insecticides permet aussi de préserver les autres insectes.
Même commune, cette piéride joue son rôle dans la biodiversité du jardin. Un petit espace laissé à la végétation spontanée peut lui offrir nourriture et lieux de reproduction, sans compromettre les récoltes.
Photo: Christophe Verriest
Pieris mannii
Période de vol : avril-octobre, avec plusieurs générations par an
Envergure : environ 35-45 mm
La piéride de l’ibéride est un papillon blanc qui ressemble beaucoup à la piéride de la rave. Pour les distinguer, il faut observer attentivement le dessin des ailes : chez la piéride de l’ibéride, la tache noire à l’extrémité de l’aile antérieure est généralement plus étendue et la forme de l’aile est un peu plus arrondie. Le dessous des ailes postérieures présente également de petites marques grisâtres. La détermination peut toutefois être délicate, même pour un observateur habitué.
Originaire des régions méridionales, cette espèce apprécie les milieux ouverts, chauds et secs, comme les pelouses sèches, les terrains rocailleux et les endroits bien exposés au soleil. Dans les régions qu’elle a récemment colonisées, elle s’est aussi adaptée aux jardins et aux lotissements, où elle trouve des plantes nourricières dans les rocailles et les plates-bandes ensoleillées.
La chenille se nourrit de différentes plantes de la famille des Brassicacées. Elle utilise notamment des ibéris (Iberis) et la diplotaxe à feuilles étroites (Diplotaxis tenuifolia), mais aussi d’autres plantes comme la moutarde des champs ou l’alliaire. Les œufs sont pondus individuellement sur les feuilles de la plante hôte. La piéride de l’ibéride passe l’hiver à l’état de chrysalide.
Au jardin, vous pouvez favoriser sa présence en aménageant un coin chaud et ensoleillé, avec des plantes hôtes comme les ibéris ou la diplotaxe à feuilles étroites. Les rocailles, les bordures sèches et les talus bien exposés peuvent lui convenir. Laissez aussi quelques plantes hôtes se développer : elles permettront aux femelles de trouver des endroits où pondre et aux chenilles de se nourrir.
Une piéride discrète, mais intéressante à rechercher parmi les autres papillons blancs. Sa présence rappelle que même une petite rocaille ensoleillée peut contribuer à la biodiversité du jardin.
Photo: Christophe Verriest
Pieris napi
Période de vol : de la mi-avril à septembre, généralement en trois générations successives
Envergure : environ 35-45 mm
La Piéride du navet est un papillon blanc de taille moyenne, proche des autres piérides. La femelle porte généralement deux taches sombres sur les ailes antérieures, contre une seule chez le mâle. Son signe distinctif est surtout visible sous les ailes postérieures, où les nervures sont soulignées de gris verdâtre.
Elle fréquente notamment les prairies humides, les clairières, les lisières, les haies et les bords de cours d’eau. Elle visite aussi les jardins lorsqu’elle y trouve des fleurs et des plantes adaptées à ses chenilles.
Sa chenille verte se nourrit de plantes de la famille des Brassicacées, notamment la Cardamine des prés (Cardamine pratensis), la Cardamine amère (Cardamine amara) et l’Alliaire officinale (Alliaria petiolata). Les œufs sont généralement pondus individuellement sur les feuilles des plantes nourricières.
La Piéride du navet passe l’hiver sous forme de chrysalide, fixée à un support tel qu’une tige, une branche ou une clôture. Préserver quelques recoins du jardin à l’automne peut contribuer à protéger ces stades hivernants.
Au jardin : conserver des cardamines et de l’Alliaire officinale dans les coins frais, les bordures ou les espaces semi-ombragés. Laisser quelques zones de végétation spontanée et éviter les pesticides permet de favoriser cette espèce et d’autres insectes.
En préservant quelques plantes sauvages et des espaces naturels, même modestes, on offre à cette piéride des lieux pour se nourrir et se reproduire.
Photo: Christophe Verriest
Coenonympha pamphilus
Période de vol : de la fin avril à septembre, généralement en deux générations, parfois trois lors des années favorables.
Envergure : environ 28 à 35 mm
Le Procris, également appelé Fadet commun, est un petit papillon aux teintes fauves et brun clair. Le dessus de ses ailes est orangé, avec une fine bordure plus sombre et un petit ocelle noir près de l’extrémité des ailes antérieures. Au repos, il garde généralement les ailes repliées : on distingue alors surtout leur revers, avec ses nuances grises et brunes et son ocelle cerclé de clair.
Très répandu et commun en Belgique, le Procris fréquente les prairies, les pelouses, les friches, les talus et les autres milieux herbeux ouverts. Il vole souvent près du sol, parmi les herbes, et se pose volontiers sur un brin de végétation ou une petite fleur. Sa présence est favorisée par les espaces où les herbes peuvent se développer sans être constamment coupées.
Sa chenille se nourrit de différentes graminées, notamment des fétuques (Festuca) et des pâturins (Poa). Les œufs sont déposés individuellement sur les herbes ou à proximité. Comme pour d’autres papillons des prairies, ces graminées, parfois peu remarquées, sont indispensables à son développement.
À l’état adulte, le Procris visite de petites fleurs pour en prélever le nectar. Il peut notamment butiner des plantes communes des prairies et des bordures herbeuses. Dans un jardin, une pelouse partiellement laissée en herbe, des bordures fleuries et quelques zones fauchées moins fréquemment peuvent lui offrir nourriture et lieux de reproduction.
Le Procris passe l’hiver au stade de chenille, dissimulée dans la végétation. Selon les conditions et la génération, son développement peut se poursuivre rapidement ou être interrompu jusqu’au retour du printemps. La chrysalide se forme ensuite dans la végétation, près du sol.
Petit et discret, le Procris anime les herbes de son vol léger. Il rappelle que même une simple bordure de prairie, avec ses graminées et ses fleurs modestes, peut abriter tout un monde vivant.
Photo: Christophe Verriest
Aglais io
Période de vol : de juin à août, puis de la fin août jusqu’au printemps suivant, avec des adultes
Envergure : environ 45 à 50 mm.
Le Robert-le-Diable se reconnaît à ses ailes orange vif ponctuées de noir et à leurs bords profondément découpés. Le dessous brun marbré lui permet de se camoufler comme une feuille morte. On y distingue aussi une petite marque blanche en forme de « C ».
Commun en Belgique, il fréquente les lisières, les haies, les clairières et les jardins où alternent soleil et végétation dense. Les adultes se nourrissent de nectar, de sève et de fruits très mûrs.
Sa chenille se développe sur plusieurs plantes, notamment la Grande ortie (Urtica dioica), le Houblon (Humulus lupulus), le Noisetier (Corylus avellana) et le Framboisier (Rubus idaeus).
Contrairement à de nombreux papillons qui passent l’hiver sous forme de chrysalide, le Robert-le-Diable hiverne à l’état adulte. Il se réfugie dans des endroits abrités, comme les cavités, sous les écorces ou dans certains bâtiments, et peut réapparaître dès les premières journées douces.
Au jardin : conserver quelques orties et des zones de végétation spontanée, ainsi que des arbustes indigènes comme le Noisetier. Laisser des refuges naturels tranquilles pour l’hiver lui offre des abris précieux.
Avec ses ailes aux contours singuliers, le Robert-le-Diable est un remarquable maître du camouflage, qui révèle son orange éclatant lorsqu’il s’envole au soleil.
Photo: Christophe Verriest
Colias crocea
Période de vol : avril-octobre, avec plusieurs générations selon les conditions
Envergure : environ 35-50 mm
Le Souci est un papillon migrateur au vol rapide. Il se reconnaît surtout au dessus de ses ailes jaune orangé, bordées d’une large bande noire. Une tache noire est visible sur l’aile antérieure. Chez la femelle, la bordure noire comporte des taches jaunes ; certaines femelles présentent aussi une coloration très pâle, presque blanchâtre. Au repos, il garde généralement les ailes fermées, ce qui rend parfois son identification plus difficile.
Le Souci fréquente une grande variété de milieux ouverts et ensoleillés : prairies fleuries, friches, bords de chemins et champs de luzerne. Il parcourt rapidement ces espaces à la recherche de fleurs, et s’arrête souvent brièvement pour butiner. Ses effectifs peuvent varier fortement d’une année à l’autre, car il arrive chez nous en provenance du sud.
La chenille est verte, ponctuée de petits points noirs et marquée d’une bande claire sur les flancs. Elle se nourrit de différentes plantes de la famille des Fabacées, notamment la luzerne (Medicago sativa), le lotier corniculé (Lotus corniculatus), les trèfles (Trifolium) et les vesces (Vicia). Les œufs sont pondus individuellement sur les plantes nourricières. Dans nos régions, le Souci ne passe généralement pas l’hiver : les chenilles résistent mal au froid et à l’humidité prolongée.
Au jardin, privilégiez les endroits ensoleillés et fleuris. La luzerne, les trèfles, le lotier et les vesces peuvent offrir aux chenilles les plantes dont elles ont besoin, tandis que les fleurs de la prairie leur procurent du nectar. Un jardin accueillant pour le Souci combine donc des plantes nourricières et des espaces ouverts où les adultes peuvent voler et butiner.
Un visiteur aux couleurs lumineuses, dont la présence dépend en partie des migrations venues du sud. Lorsqu’il traverse nos jardins, il rappelle combien les prairies fleuries et les plantes de la famille des Fabacées sont précieuses pour les papillons.
Photo: Christophe Verriest
Colias hyale
Période de vol : de la fin mai à octobre, généralement en deux ou trois générations.
Envergure : environ 42 à 50 mm.
Le Soufré est un papillon jaune pâle, aux ailes bordées de sombre et ponctuées de petites taches. La femelle peut être presque blanchâtre. Il ressemble au Fluoré, ce qui rend parfois son identification délicate.
Migrateur régulier en Belgique, il fréquente surtout les prairies fleuries, les champs de luzerne et les milieux ouverts. Son vol rapide et ses apparitions variables font de lui un visiteur parfois imprévisible.
Sa chenille verte, marquée de lignes longitudinales jaunes, se nourrit de légumineuses comme la luzerne, les trèfles, le lotier corniculé et certaines vesces. Ces plantes sont indispensables à son développement. Préserver des zones où elles peuvent fleurir, sans faucher trop souvent, contribue à lui offrir un habitat favorable.
Le papillon adulte butine différentes fleurs riches en nectar, notamment les trèfles, la luzerne et les cirses. Au jardin, laisser fleurir les légumineuses, conserver un coin de prairie et éviter les pesticides peut lui être utile.
Le Soufré passe l’hiver au stade de chenille. Papillon migrateur dont les apparitions varient d’une année à l’autre, il rappelle combien les prairies fleuries et les plantes sauvages peuvent être précieuses pour accueillir la vie ailée.
Photo: Christophe Verriest
Thecla betulae
Période de vol : de fin juillet à septembre, en une seule génération.
Envergure : environ 35 à 40 mm.
La Thècle du bouleau est un papillon discret, brun foncé sur le dessus des ailes. Chez la femelle, une large bande orange apparaît sur les ailes antérieures. Le dessous est orangé, marqué de fines lignes blanches bordées de sombre, avec une petite queue sur l’aile postérieure.
Rare et localisé en Belgique, il fréquente surtout les haies, lisières, fourrés et prairies buissonnantes où pousse le Prunellier. Il passe une grande partie de sa vie dans les arbres et les hautes branches, ce qui explique qu’on le rencontre rarement.
La chenille se nourrit principalement du Prunellier (Prunus spinosa), mais peut aussi utiliser d’autres espèces de Prunus. Les œufs sont déposés un par un sur les rameaux, souvent à la base d’une épine. Ils passent l’hiver sur la branche, avant l’éclosion au printemps.
Les adultes se nourrissent surtout de miellat produit par les pucerons. Ils visitent aussi différentes fleurs, notamment la Verge d’or, l’Eupatoire chanvrine, les ronces et les chardons.
Au jardin, conserver les haies de Prunellier, les lisières naturelles et quelques arbres isolés peut lui être très favorable. Éviter de supprimer systématiquement les vieux buissons et laisser une partie des haies évoluer naturellement lui offre des lieux de reproduction et d’abri.
Rarement observée, la Thècle du bouleau est l’un de ces papillons qui récompensent la patience. Derrière une haie de prunelliers apparemment ordinaire peut se cacher, pendant des mois, le début d’une nouvelle génération.
Photo: Christophe Verriest
Favonius quercus
Période de vol : de mi-juin à mi-août, en une seule génération.
Envergure : environ 30 à 35 mm.
La Thècle du chêne est un petit papillon très discret. Les ailes fermées montrent un dessous gris argenté traversé d’une fine ligne blanche, avec une petite queue et une touche orangée près de l’arrière. Le dessus est brun sombre avec des reflets violets, surtout visibles lorsque les ailes s’ouvrent.
Assez commune en Belgique, elle passe la majeure partie de sa vie dans les houppiers des chênes. Elle fréquente les bois clairs, les lisières, les haies et les parcs où poussent des chênes. Les adultes sont surtout actifs en fin de journée, lorsque les mâles se poursuivent au-dessus des branches.
La chenille vit sur les chênes, notamment le Chêne pédonculé (Quercus robur) et le Chêne sessile (Quercus petraea). Elle se nourrit des jeunes bourgeons, fleurs et feuilles. L’œuf passe l’hiver à la base d’un bourgeon et la chenille éclot au printemps.
Les adultes descendent rarement au niveau du sol et se nourrissent principalement du miellat produit par les pucerons présents sur les chênes. Pour favoriser cette espèce au jardin, conserver les vieux chênes, les haies et les arbres indigènes est donc particulièrement précieux. Éviter les traitements insecticides permet également de préserver les petits insectes dont dépend cet écosystème.
Souvent invisible à nos yeux, la Thècle du chêne vit dans la partie haute des arbres. Il suffit parfois de lever les yeux, surtout en fin de journée, pour découvrir au-dessus de nos têtes ce petit papillon aux reflets violets.
Photo: Christophe Verriest
Pararge aegeria
Période de vol : de mars à novembre, avec plusieurs générations qui se chevauchent.
Envergure : environ 32 à 42 mm.
Le Tircis est un papillon brun sombre, orné de taches jaune orangé ou crème. Un ocelle noir pupillé de blanc se trouve près de l’extrémité de chaque aile antérieure, tandis que les ailes postérieures portent plusieurs petits ocelles semblables. Le dessous des ailes est plus discret, marbré de brun et de beige.
Très commun et largement répandu en Belgique, le Tircis affectionne les bois clairs, les lisières, les chemins forestiers et les clairières. On le rencontre aussi dans les parcs, les jardins arborés et les haies. Il recherche volontiers les endroits où alternent ombre et lumière, et l’on peut souvent le voir se poser au soleil sur un sentier ou une feuille. Les mâles défendent parfois un petit territoire ensoleillé, d’où ils poursuivent les intrus.
La chenille se nourrit de différentes graminées, notamment le Brachypode des bois (Brachypodium sylvaticum), le Dactyle aggloméré (Dactylis glomerata), la Houlque laineuse (Holcus lanatus) et plusieurs espèces de Pâturins (Poa spp.). Les œufs sont pondus individuellement sur les feuilles ou à proximité de ces plantes. Les graminées ordinaires des sous-bois et des bordures herbeuses peuvent ainsi constituer une ressource importante pour son développement.
À l’état adulte, le Tircis visite relativement peu les fleurs. Il se nourrit notamment de miellat, de sève suintant des arbres et de jus de fruits mûrs ou tombés au sol. Dans un jardin, les zones arborées, les bordures herbeuses et quelques espaces de végétation spontanée lui offrent donc des conditions favorables, surtout lorsqu’ils forment une continuité avec les haies et les bois voisins.
Le Tircis peut passer l’hiver soit au stade de chenille, soit au stade de chrysalide. Son cycle comporte plusieurs générations dont les périodes d’émergence se chevauchent, ce qui explique qu’on puisse le rencontrer pendant une grande partie de l’année, dès les premières journées douces du printemps et parfois jusque tard en automne.
Avec ses ailes brunes ponctuées de petites fenêtres lumineuses, le Tircis se fond dans les jeux d’ombre des sous-bois. Il suffit parfois d’un rayon de soleil sur un chemin forestier pour le voir apparaître, posé ailes ouvertes, comme une petite mosaïque vivante au milieu des feuilles.
Photo: Christophe Verriest
Vanessa atalanta
Période de vol : de mars à novembre, avec des adultes parfois visibles dès les premières journées douces du printemps
Envergure : environ 50-60 mm
Le Vulcain se reconnaît à ses ailes brun-noir traversées de bandes rouge orangé, avec de petites taches blanches à l’extrémité des ailes antérieures. Le dessous, brun et marbré, lui permet de se camoufler lorsqu’il se repose les ailes fermées.
Très mobile, il fréquente les jardins, les prairies, les lisières et les friches. Il visite de nombreuses fleurs pour leur nectar et apprécie également les fruits très mûrs ou fermentés, notamment les pommes, les poires et les prunes tombées au sol.
Sa chenille sombre, ornée de petites taches claires et d’épines, se nourrit principalement de Grande ortie (Urtica dioica). Elle s’abrite souvent dans des feuilles repliées et reliées par de la soie. L’ortie est donc essentielle à sa reproduction.
Le Vulcain est un papillon migrateur : certains individus arrivent du sud de l’Europe et d’Afrique du Nord au printemps et en été. D’autres repartent vers le sud à l’automne. Quelques adultes peuvent survivre à l’hiver chez nous lorsque les conditions sont favorables, mais le froid limite fortement leur survie.
Au jardin : conserver quelques touffes d’orties dans un coin tranquille et proposer des fleurs riches en nectar du printemps à l’automne. En fin de saison, quelques fruits très mûrs laissés au sol peuvent aussi lui fournir de l’énergie. Éviter les insecticides protège les chenilles et les adultes.
Avec ses couleurs éclatantes et ses longs déplacements, le Vulcain relie différents paysages et saisons. Quelques orties, des fleurs variées et un peu de végétation spontanée peuvent lui offrir des ressources précieuses.
Photo: Jeroen Verdonck
Source: Catalogue des Lépidoptères de Belgique (Catalogue of the Lepidoptera of Belgium), Natagora, Natuurpunt
Cette page a été rédigée par Jeroen Verdonck (avec l'aide de IA) à partir de sources documentaires jugées fiables et des informations disponibles au moment de sa rédaction. Les textes ont fait l’objet d’une relecture attentive et approfondie. LLes indications relatives à la présence locale de l’espèce reposent notamment sur les observations accessibles (Observations.be) et peuvent comporter une part d’interprétation ; elles ne constituent pas une étude scientifique spécifique à la commune. Toute correction, précision ou information complémentaire permettant d’améliorer cette page est la bienvenue.