Le samedi 19 septembre 2026, Christophe Verriest nous a fait découvrir le monde fascinant des papillons lors d’une conférence à Silly. Il a généreusement accepté de partager avec nous les informations de sa présentation ainsi que ses magnifiques photographies.
Un grand merci à lui ! Grâce à ce partage, celles et ceux qui n’ont pas pu assister à la conférence peuvent eux aussi découvrir cette richesse naturelle, apprendre à reconnaître les papillons de notre région et mieux comprendre comment les accueillir dans leur jardin.
Colorés, discrets ou parfois surprenants, les papillons font partie de la richesse de notre biodiversité. On estime qu’il existe dans le monde 150 000 à 180 000 espèces de papillons. On les distingue traditionnellement en papillons de jour et papillons de nuit, même si certains papillons de nuit sont actifs en journée.
En Belgique, on compte environ 120 espèces de papillons de jour et près de 2 600 espèces de papillons de nuit. À Silly et dans les environs, 25 à 30 espèces de papillons de jour peuvent être observées.
Un cycle de vie étonnant
Comme tous les papillons, les espèces que nous observons passent par plusieurs étapes au cours de leur vie : l’œuf, la chenille, la chrysalide et enfin le papillon adulte.
La chenille est la phase de croissance. Elle se nourrit généralement de plantes bien précises, appelées plantes hôtes ou plantes nourricières. Certaines espèces sont assez spécialisées et ne pondent que sur une ou quelques plantes particulières. La chenille grandit, mue plusieurs fois, puis se transforme en chrysalide. À l’intérieur de celle-ci se déroule la métamorphose qui donnera naissance au papillon adulte.
L’adulte se nourrit souvent de nectar, mais les besoins varient selon les espèces. Il cherche également un partenaire pour se reproduire et, pour les femelles, un endroit adapté où déposer les œufs.
Photo: Paon-du-jour (Chrisophe Verriest)
Comment les papillons passent-ils l’hiver ?
Les papillons doivent aussi faire face à la saison froide. Selon l’espèce, ils peuvent passer l’hiver à différents stades de leur cycle de vie :
Sous forme d’œuf, déposé sur une plante hôte ou à proximité.
Sous forme de chenille, cachée dans la végétation, la litière ou un autre abri.
Sous forme de chrysalide, parfois suspendue à une tige ou dissimulée dans la végétation.
À l’état adulte, dans un abri protégé comme une cavité, un bâtiment ou un arbre creux.
Certaines espèces migrent également vers des régions plus chaudes, tandis que d’autres peuvent être observées lors des journées douces de l’hiver. La manière de passer cette saison dépend donc fortement de l’espèce.
Photo: Azuré commun (Jeroen Verdonck)
Comment accueillir les papillons dans son jardin ?
Un jardin favorable aux papillons ne doit pas seulement leur offrir des fleurs : il doit aussi leur permettre de se reproduire, de se cacher et de passer l’hiver. Voici quelques gestes simples qui peuvent faire une réelle différence.
Évitez les pesticides et les produits phytosanitaires. Ils peuvent affecter les papillons, mais aussi leurs chenilles et les autres insectes dont ils dépendent.
Laissez une place à la végétation spontanée. Un coin de pelouse moins souvent tondu, une bordure naturelle ou une petite zone sauvage peuvent accueillir des plantes nourricières et servir de refuge.
Privilégiez les plantes indigènes et diversifiez les floraisons. Des fleurs présentes du printemps à l’automne offrent des ressources alimentaires à différentes espèces au fil de la saison.
Conservez les plantes hôtes des chenilles. Les orties, les trèfles, le lotier ou certaines graminées, par exemple, sont indispensables au développement de plusieurs papillons. Une plante qui semble parfois indésirable peut donc être essentielle à leur cycle de vie.
Adaptez la tonte et la fauche. Évitez de couper toute la végétation en même temps. En procédant par secteurs et en laissant des zones refuges, vous préservez des œufs, des chenilles, des chrysalides et des abris.
Laissez quelques tiges sèches en place pendant l’hiver. Elles peuvent offrir des cachettes à différents insectes. Vous pourrez les couper au printemps, lorsque les températures remontent.
Préservez les haies, les feuilles mortes, les vieux arbres et les petits abris naturels. Une diversité de structures végétales permet aux papillons de trouver des endroits où se reposer et se protéger.
Évitez de trop « nettoyer » le jardin à l’automne. Laisser une partie des feuilles mortes et des tiges fanées contribue à préserver les refuges hivernaux.
Ces aménagements sont utiles à bien d’autres espèces : en accueillant les papillons, on favorise aussi une biodiversité plus riche dans son jardin. Natagora propose également des conseils pour créer des espaces accueillants pour les papillons.
Photos: Belle dame/ pré fleuri/ haie sèche (Jeroen Verdonck)
Participer aux observations
L’observation des papillons est aussi une manière de contribuer à la connaissance de la biodiversité. En notant les espèces rencontrées, le lieu et la date de l’observation, chacun peut participer à améliorer les connaissances sur leur présence et leur évolution.
Natagora a organisé pendant plusieurs années son Grand Recensement des papillons de jardin, qui invitait le public à identifier et compter les papillons observés chez soi. Cette opération est actuellement en pause, dans l’attente d’une nouvelle formule. Les observations peuvent néanmoins être encodées sur des plateformes naturalistes telles qu’Observations.be.
Photo: Carte géographique (Jeroen Verdonck)