Les papillons de nuit font partie intégrante de la biodiversité de Silly. Souvent discrets et parfois méconnus, ils présentent pourtant une grande diversité de formes, de couleurs et de modes de vie. Certains sont actifs principalement la nuit, tandis que d’autres peuvent aussi être observés en journée.
À travers cette sélection, nous vous invitons à découvrir quelques espèces présentes à Silly, parmi la grande variété de papillons de nuit qui vivent sur notre territoire. Chaque fiche vous permettra d’en apprendre davantage sur leur identification, leurs plantes nourricières, leurs habitats et les particularités de leur cycle de vie.
Mieux connaître ces papillons, c’est aussi porter un autre regard sur les jardins, les haies, les prairies et les espaces naturels qui nous entourent, et découvrir toute la richesse de la vie qui s’y déploie, parfois à la tombée du jour.
Euplagia quadripunctaria
Période de vol : de fin juillet à la mi-septembre.
Envergure : environ 40 à 60 mm.
L’Écaille chinée est un papillon spectaculaire aux ailes antérieures noires rayées de crème ou de jaune. Ses ailes postérieures rouge orangé, ponctuées de noir, se révèlent lorsqu’elle s’envole. Malgré son appartenance aux papillons de nuit, elle est souvent active en journée, surtout par temps chaud et ensoleillé.
Elle fréquente les lisières, les clairières, les friches, les bords de cours d’eau et les jardins, où elle trouve des fleurs et des zones de végétation variées. Les adultes se nourrissent de nectar, avec une préférence marquée pour l’Eupatoire chanvrine (Eupatorium cannabinum), mais visitent aussi les chardons et l’Origan.
Sa chenille peut se nourrir de nombreuses plantes, notamment l’Eupatoire chanvrine, les orties, les lamiers, les épilobes et le Plantain. Les jeunes chenilles passent l’hiver sur leur plante nourricière et reprennent leur développement au printemps.
Au jardin : conserver des fleurs riches en nectar, notamment l’Eupatoire chanvrine dans les endroits adaptés, ainsi que des zones de végétation spontanée où les chenilles pourront se nourrir et hiverner. Alterner espaces ensoleillés et coins plus ombragés favorise cette espèce.
Avec ses ailes rayées et ses éclats rouge orangé, l’Écaille chinée apporte une touche remarquable au jardin, parfois même en plein jour.
Photo: Jeroen Verdonck
Chiasmia clathrata
Période de vol : d’avril à septembre, avec un pic au printemps et parfois une seconde génération en été.
Envergure : environ 40 à 60 mm.
Le Géomètre à barreaux est un petit papillon aux ailes crème ou jaunâtres, traversées de fines lignes brunes qui forment un motif quadrillé caractéristique. Contrairement à beaucoup de papillons de nuit, il est souvent actif en journée et s’envole facilement lorsqu’on traverse une prairie.
Il fréquente surtout les prairies, les friches et les milieux ouverts où poussent ses plantes nourricières. Sa chenille se nourrit principalement de légumineuses, notamment de Trèfles et de Lotier. Ces plantes sauvages sont donc essentielles à son développement.
Dans le jardin, une petite zone de prairie fleurie où les trèfles peuvent pousser librement lui offre un habitat favorable. Discret parmi les herbes, ce papillon révèle toute la beauté des motifs géométriques que la nature dessine sur les ailes de ses plus petits habitants.
Photo: Christophe Verriest
Acronicta aceris
Période de vol : de début mai à mi-août.
Envergure : environ 35 à 45 mm.
La Noctuelle de l’érable possède des ailes grisâtres qui lui permettent de se fondre discrètement dans l’écorce des arbres. Sa chenille, en revanche, est impossible à manquer : jaune orangé, très velue et ornée de motifs blancs et noirs, elle compte parmi les chenilles les plus remarquables de nos jardins.
Elle se nourrit principalement des feuilles d’érables, mais aussi de marronniers et de chênes. Laisser ces arbres grandir et conserver leurs feuilles et quelques abris naturels contribue à préserver son habitat. La chenille se transforme en chrysalide dans un cocon résistant, caché dans une fissure d’écorce ou parmi la litière végétale, où elle passe l’hiver.
Assez commune en Belgique, cette noctuelle rappelle que les arbres accueillent bien plus que des oiseaux : leurs feuilles et leur écorce abritent aussi tout un monde de papillons discrets, parfois spectaculaires au stade de chenille.
Photo: Christophe Verriest
Polyommatus icarus
Période de vol : de février à novembre, principalement de mai à septembre.
Envergure : environ 45 à 50 mm.
Le Moro-sphinx, aussi appelé Sphinx du caille-lait, est un papillon de nuit au corps brun grisâtre et aux ailes postérieures orange. Il est surtout reconnaissable à son vol stationnaire : il reste immobile devant une fleur en battant rapidement des ailes et aspire le nectar grâce à sa longue trompe.
Principalement actif le jour, il fréquente les jardins, les prairies, les talus et les lisières. Excellent voilier et migrateur régulier, il arrive chaque année en Belgique depuis les régions plus méridionales. Son abondance varie fortement selon les années.
Les adultes apprécient les fleurs riches en nectar, notamment celles à corolle longue, comme le Chèvrefeuille, les Phlox et le Buddleia. Les chenilles se nourrissent principalement de Gaillets (Galium), des plantes sauvages qui leur sont indispensables pour se développer.
La plupart des Moro-sphinx observés chez nous ne passent pas l’hiver sur place. Certains adultes peuvent toutefois survivre dans des abris lorsque les conditions sont particulièrement douces.
Au jardin : proposer des fleurs riches en nectar et conserver quelques Gaillets dans un coin naturel pour permettre aux chenilles de se nourrir. Une floraison étalée sur plusieurs mois offre davantage de ressources aux adultes de passage.
Avec son vol précis et son allure de petit colibri, le Moro-sphinx est un visiteur étonnant qui transforme quelques secondes de butinage en spectacle.
Photo: Jeroen Verdonck
Pseudopanthera macularia
Période de vol : de fin avril à fin juin, avec parfois une seconde génération partielle jusqu’au début du mois d’août.
Envergure : environ 23 à 28 mm
La Panthère est un petit papillon de nuit reconnaissable à ses ailes jaune vif couvertes de nombreuses taches brun foncé à noires. Malgré son appartenance aux papillons de nuit, elle est principalement active durant la journée.
Elle fréquente les lisières, les clairières, les chemins forestiers, les friches et les prairies, surtout par temps ensoleillé. En Belgique, elle est présente dans tout le pays, mais semble davantage observée dans les régions méridionales.
Sa chenille se nourrit de différentes plantes herbacées, notamment de Lamiacées. La Germandrée scorodoine (Teucrium scorodonia), que l’on trouve dans certaines lisières et zones sèches, figure parmi ses plantes-hôtes.
La Panthère passe l’hiver sous forme de chrysalide, dans le sol ou parmi les débris végétaux. Un entretien moins systématique de certaines zones du jardin peut préserver ces refuges.
Au jardin : conserver des coins naturels près des haies et des lisières, avec des plantes sauvages adaptées au terrain. Lorsque la Germandrée scorodoine pousse naturellement, la préserver peut favoriser la reproduction de cette espèce.
Avec ses ailes jaunes tachetées de sombre, la Panthère se remarque facilement lorsqu’elle vole en plein jour, malgré son nom de papillon de nuit.
Photo: Christophe Verriest
Celypha lacunana
Période de vol : de mi-avril à fin octobre, surtout en juin et en août.
Envergure : 14 à 18 mm.
La Tordeuse du fraisier est un petit papillon de nuit aux ailes marbrées de brun, ornées de lignes plus claires et de marques sombres. Ses motifs varient d’un individu à l’autre, ce qui peut rendre son identification un peu délicate. Elle est très commune en Belgique et fréquente des milieux très divers.
Malgré son nom, sa chenille ne se nourrit pas uniquement de fraisiers. Elle utilise de nombreuses plantes, notamment les orties, les ronces, les saules et différentes plantes herbacées. Elle se cache souvent dans des feuilles qu’elle rassemble avec des fils de soie, où elle se nourrit à l’abri.
La jeune chenille passe l’hiver à l’abri avant de reprendre son développement. La chrysalide se forme ensuite dans un petit cocon parmi les feuilles mortes. Dans le jardin, conserver quelques zones de végétation spontanée et des recoins où les feuilles peuvent se décomposer lui offre des refuges précieux.
Petite et discrète, la Tordeuse du fraisier rappelle qu’un jardin vivant ne se résume pas aux fleurs les plus spectaculaires : même les herbes ordinaires et les feuilles enroulées abritent une vie insoupçonnée.
Photo: Christophe Verriest
Source: Catalogue des Lépidoptères de Belgique (Catalogue of the Lepidoptera of Belgium), Natagora, Natuurpunt
Cette page a été rédigée par Jeroen Verdonck (avec l'aide de IA) à partir de sources documentaires jugées fiables et des informations disponibles au moment de sa rédaction. Les textes ont fait l’objet d’une relecture attentive et approfondie. L Les indications relatives à la présence locale de l’espèce reposent notamment sur les observations accessibles (Observations.be) et peuvent comporter une part d’interprétation ; elles ne constituent pas une étude scientifique spécifique à la commune. Toute correction, précision ou information complémentaire permettant d’améliorer cette page est la bienvenue.